Quelques contes du Bénin

La colonne vertébrale

La petite promit d’être obéissante. Mais dès que sa mère eut tourné le dos, elle commença par s’assurer que sa mère était bien partie. Puis elle se rendit chez ses amies voisines pour s’amuser.

Toutes trois décidèrent d’aller dans la brousse jouer à la balançoire qui était installée à la grosse branche d’un arbre. Làbas, en toute liberté, elles s’amusèrent beaucoup presque jusqu’au soir.

La fillette était si accaparée par le jeu qu’elle ne s’aperçut même pas que ses amies lui avaient faussé compagnie. Elle se balançait et elle se balançait encore, sans se lasser et sans s’occuper de ce qui se passait alentour.

Elle continua encore, jusqu’à ce qu’un lion survint. Tenté par ce jeu, il lui demanda de descendre pour le laisser jouer à son tour. Elle descendit donc et le lion prit sa place mais il lui demanda aussi de le pousser.

Elle le poussa un certain temps mais ce n’était plus du tout amusant et bientôt elle sentit la fatigue l’accaparer. Alors, elle dit :

" Oh ! lion, je suis à bout de souffle !

Oh ! lion, je suis à bout de souffle ! "

Le lion répliqua avec ironie :

" Tu es fatiguée ? Alors vraiment ça, ça m’est complètement égal... Allez pousse ! Pousse encore ! Tant pis pour toi ! "

Elle se remit donc à le pousser et cela pendant encore un long moment car elle n’osait pas déplaire à ce gros lion...

Enfin, n’y tenant plus, elle choisit le moment où le lion était le plus haut et elle se sauva à toutes jambes. Aussitôt, le lion descendit de la balançoire et courut derrière elle. Il la poursuivit jusqu’au portail de sa maison...

Et là, il lui asséna un grand coup de griffes qui la blessa profondément dans le dos mais elle réussit tout de même à lui échapper. Cette blessure lui laissa une cicatrice longue et creuse tout le long de son dos.

C’est, dit-on, ce qui devint plus tard, beaucoup plus tard, notre colonne vertébrale.