Quelques contes du Bénin

Le diable dupé
  • Je prépare la terre pour semer, répondit le paysan.
  • Ce champ n’est pas à toi. Il est à moi comme tous les champs. De quel droit le cultives-tu ?
  • Pardonnez-moi, mais il me faut bien cultiver pour vivre !... " Bien entendu, le diable avait une idée derrière la tête. Il reprit :

" Ecoute ! Voici ce que je te propose : je consens à ce que tu cultives ce champ et nous partagerons la récolte. Pour cela nous ferons deux tas, l’un avec ce qui poussera sur la terre, l’autre avec ce qui poussera dessous. Comme je suis le diable et que tu n’es qu’un paysan, c’est à moi de choisir et je choisis ce qui poussera dans la terre. Toi, tu auras ce qui poussera dessus.»

Ayant dit cela, il disparut sans attendre la réaction du paysan. Mais cet homme était un malin et il sema du mil...

Le moment de la récolte arriva et le diable vint avec ses diablotins. Le cultivateur coupa son mil, le fit battre, le vanna et le mit dans des paniers pour aller le vendre au marché. Alors, les diables arrachèrent, comme il était convenu, ce qui était dans le sol. Mais quand ils voulurent vendre au marché ce qu’ils venaient de récolter tous les gens se moquèrent d’eux.

Le diable était très en colère de s’être fait berner par le paysan. Il le fit venir et lui dit :

" Tu t’es moqué de moi cette fois, mais je vais me venger. Pour la prochaine récolte, tu n’auras que ce qui aura poussé sous la terre et c’est moi qui prendrai tout ce qu’il y aura dessus. " Et il repartit.

Cette fois le rusé paysan planta des patates...

Quand il s’est agi de récolter, le diable et sa famille coupèrent toutes les feuilles, les mirent en paquets pour les vendre pendant que le paysan arrachait les patates qui avaient poussé dans la terre et ils partirent ensemble au marché.

Naturellement , le paysan vendit très facilement toutes ses patates mais le diable ne vendit rien. Et tout le monde éclatait de rire quand il proposait ses feuilles...

" Ce paysan est vraiment très rusé " , pensa le diable fou de rage de s’être laissé ridiculiser par un vulgaire paysan.

Il poussa un cri horrible et disparut à tout jamais...