Le tableau suivant montre les possibilités d'apparition des triphtongues dans le mot ou seules :

Possibilités d’apparition des consonnes dans le mot  :

Si on traduit ce tableau par un graphe, on s’aperçoit sans surprise que les consonnes ont une position favorite d’ordre impair. Ce graphe vient en complément de celui des voyelles.

Les consonnes n'apparaissent pas seules ou en fin de mot (sauf suite à une élision). Toutes apparaissent en initiale ou en médiane sauf "mp, nts, nk" qui n'apparaissent pas en initiale. "ñ" apparaît toujours en médiane. En initiale, le cas est très rare.

Le vezo se caractérise également par la place de l'accent tonique qui a une fonction distinctive. En voici quelques exemples relevés dans les entrées : bande ~  bande, bole ~  bole, kapike ~  kapike. N'oublions pas également que sa fonction est très importante lors de la formation des impératifs ou des voix comme le passif, le circonstanciel : mametsake ~  mametsaha, mañandevo ~  añandevozo, heje ~  heje.

Tableau montrant la place des phonèmes par rapport à l’accent :

 

La position accentuelle ou non englobe la syllabe entière ce qui explique dans le tableau précédent qu’une consonne ou une voyelle peuvent se trouver en position accentuelle ou non. Les parties grisées montrent la préférence globale pour la lettre dans le mot par rapport à l’accent.

Enfin, si l’on remplace les consonnes par « C » et les voyelles par « U », on va pouvoir analyser en détail, dans le graphe qui suit, le système vocalique vezo. Les mots sont surtout formés de deux ou trois syllabes ouvertes.

4. Rudiments de grammaire vezo.

La grammaire vezo a été élaborée en s'inspirant de la théorie fonctionnaliste. La thèse de Monsieur Builles nous a été d'un grand secours. Nous avons également consulté la plupart des autres grammaires des différents dialectes (merina compris) de Madagascar, en particulier celle de Monsieur Rajaonarimanana à laquelle nous avons emprunté quelques termes comme « radical étendu, radical simple, dérivatif, flexif ».

Les contradictions constatées entre elles ne sont qu'apparentes. Elles dépendent des définitions initiales apportées par les auteurs. Si la plupart considère que 'avy, tonga, …" sont des verbes, c'est qu'ils se placent sur le plan sémantique. Si Monsieur Builles considère que "miteny" est un verbe et "tonga" un adjectif, c'est qu'il se place sur plan strictement morphologique.

En outre, la constitution des classes et de leur relations entre elles varient en fonction du volume des vocables étudiés. Chaque nouvel apport déstabilise la théorie construite qui doit alors être modifiée.

Longtemps, nous avions attesté que les affixes "-aha-" et "voa-" s'excluaient mutuellement sur l'axe syntagmatique jusqu'au jour où l'on a trouvé dans le corpus l'exemple " mahavoadofotse mahavoadofodofotse v.a.s. Capable d’avoir pu être doublé, heurté." L'équilibre était rompu, il fallait en construire un autre. Pour une grammaire idéale, il faudrait travailler sur une quantité d'exemples proche de l'infini.

C'est pourquoi la description grammaticale présente n'est que provisoire.

4.1. La formation des mots.

En vezo, on distingue deux catégories de mots : les radicaux et les affixes.

4.1.1. Les radicaux sont mono- ou polysyllabiques et en général susceptibles d'affixation. Les entrées du dictionnaires présentent des radicaux réels et des radicaux virtuels qui facilitent sa consultation. Il peut y avoir des radicaux simples et des radicaux étendus. On ne peut décomposer un radical simple alors qu'un radical étendu est obtenu par affixation, composition et réduplication. Les radicaux simples trisyllabiques et accentués sur la première syllabe se terminent nécessairement par ke ou tse. /k/ et /ts/ en syllabe finale peuvent s'opposer dans des paires minimales et donner deux mots de sens différents : anake ¹ anatse. Parfois, également, ils se neutralisent dans cette position finale. Dans ce cas, ce sont les jeunes qui prononcent "tse" et les anciens "ke" : lomoke = lomotse.

Exemples :

- Radicaux simples : kopake, vavake.

- Radicaux étendus composés : barabadebake, bibilava, afak'omaly

4.1.2. Les affixes.

Il existe quatre sortes d'affixes : les préfixes, les infixes, les suffixes et les circum­fixes. Ces affixes eux-mêmes se divisent en dérivatifs et en flexifs.

Nombre de ces affixes sont compatibles entre eux et d'autres s'excluent mutuellement. Notons le cas un peu étonnant de la voix agento-stative où, dans une conversation, on entend souvent par exemple "mihamiakatse, mihamiala, etc. Avons-nous là un cas d'hypercorrection ?

Voici un exemple de tableau montrant des affixes en rapport complémentaire (notation par des numéros dont on trouve des exemples plus bas) ou en rapport d'exclusion syntagmatique (notation par des blancs) ou paradigmatique  (notation par des X).

4.2. Les classes de mots.

Dans le dictionnaire, les classes de mots ont été notées en abrégé. Le tableau suivant permet de voir à quoi correspond ces abréviations.

4.2.1. Le groupe adjectivo-verbal.

4.2.1.1. La classe des voix.

4.2.1.1.1. Présentation.

La classe des voix est l'ensemble des formes que prend le verbe selon ses relations avec l'un des participants de la phrase. En vezo, il semble qu'il n'existe que quatre voix : la voix agento-stative (v.a.s.), la voix instrumentale (v.i.), la voix passive (v.p.) et la voix circonstancielle (v.c.). S'il existe une voix supplémentaire (voix applicative) comme dans d'autres dialectes, nous n'avons pu la discerner morphologiquement.

Le verbe se "conjugue" non pas suivant les pronoms personnels et le nombre, mais suivant les personnes, objets ou circonstances marqués ou sous-entendus et selon le mode impératif et le temps (passé ou futur), le présent n'ayant pas de marque morphologique. Dans la voix agento-stative, c'est l'agent lui-même qui fait l'action ou qui se trouve dans un état quelconque : Mandika tami^i nosy io zahay. Nous franchissons une partie de l’île. Niendake holin-kazo io. L'écorce s'est détachée. Dans la voix instrumentale, c'est sur l'instrument pris dans son sens le plus large (objet, être animé) que l'attention se porte : Aende fia avao ty asa^i solike toy. Cette huile est utilisée seulement pour frire des poissons. Dans la voix passive, c'est un objet ou une personne qui subit l'action, on les appelle aussi patients réceptifs : Endazo atoly reo. Faites frire les œufs. Enfin, dans la voix circonstancielle, ce sont les circonstances les plus diverses qui orientent le verbe : ce peut être le temps, le lieu, la cause, la partition, etc. : Ty hereloha^e ro añenga aze eo o. On le laisse ici à cause de son entêtement. Secondairement, d'autres acteurs peuvent intervenir. Un agent fait faire l'action à un autre agent : Aia ! Nampandima (Ø) ami^izao an’i sisa^e rety. Et alors ! On a fait écoper les autres. Deux agents agissent simultanément l'un sur l'autre : Mifandiñisa nareo. Attendez-vous l'un l'autre.

4.2.1.1.2. Verbe et adjectif. Selon Monsieur Builles, verbe et adjectif n'ont pas les mêmes significations qu'en français. En malgache, leur distinction se fait sur le plan morphologique. Un verbe est un monème ou un syntagme actualisé par l'une des quatre voix vues plus haut alors qu'un adjectif est un monème non orienté.

Exemple de verbe : Miroro an-tsaño ao ty aja. Les enfants dorment dans la maison. "Roro" est actualisé par le monème de la voix agento-stative "m".

Exemple d'adjectif : Avy ty piva laka io. Le façonneur de pirogue est arrivé. "Avy" est un adjectif car non actualisé par un monème de voix. Notons que pour Monsieur Rajaonarimanana, "avy" est un verbe radical. Dans ce débat qui nous dépasse, nous nous posons la question suivante : Un adjectif est-il un monème non orienté dans son emploi effectif et devient un verbe dès qu'on l'actualise avec un monème de voix ou qu'on le détermine par une modalité aspectuelle ? Mihaavy tsikelekele ty tsioke. Le vent souffle petit à petit.

4.2.1.1.3. Inventaire.

La classe des voix est fermée. Elle est constituée de quatre unités non déterminables qui s'excluent mutuellement. Elles ne déterminent que des unités dites verbales. Elles actualisent le verbe en l'orientant par rapport à l'un des quatre participants vus plus haut. Ces derniers deviendront alors sujets de ce verbe.

4.2.1.1.4. Morphologie.

- Le signifiant de la voix agento-stative est "m" antéposé au syntagme verbal. Il n'y a pas déplacement de l'accent tonique du verbe. "M" est nécessairement accompagné des préfixes de dérivation "i" ou "a" qui s'excluent mutuellement ou, sinon, de "aha-" ou "-iha- ou "amp-" ou "if-" ou "anka" dont certains ne s'excluent pas nécessairement mutuellement. Tous sont post-posés et certains ont une valeur propre. Exemples : mihina, mametake, maloha, mahaantsa, mihadala, mihamiay, mampañafake, mifañaly, mifampialo.

Contrairement à ce que disent certaines grammaires, "m", comme l’a déjà montré Monsieur Builles pour le merina, n'est pas un monème dénotant le temps présent puisqu'il exclut la présence des autres voix. Le monème de temps présent n'a pas d'existence morphologique ainsi que le montrent nettement les autres voix. Voix agento-stative : Mila hasosora ie. Il cherche des ennuis. Voix instrumentive : (Æ) Araoke aze iaby sobike reto. On se sert de tous ces paniers pour les ramasser. Voix circonstancielle : Ty anto^e (Æ) añadora^e aze io soa handoa ie. C’est pour vomir qu’il enfonce sa main dans la bouche. Voix passive : (Æ) Karakarao soa ty benje retoa. Soignez bien ces orphelins. Il n'y a pas de signifiant de temps présent.

Il y a amalgame du monème de la voix agento-stative "m" avec les monèmes du temps futur "h, ho" et du temps passé "n, ni". Zaho mihina hena, je mange de la viande. Zaho hihina hena, je mangerai de la viande. Zaho nihina hena, j'ai mangé de la viande.

4.2.1.1.5. Les affixes de dérivation.

Ils ne font pas partie de la classe des voix mais les accompagnent nécessairement soit seuls soit à plusieurs en suivant des règles de compatibilité.

4.2.1.2. La classe des adjectifs.

4.2.1.2.1. Identification.

Les adjectifs constituent une classe ouverte. Ils présentent entre eux un ensemble de traits communs. Les différences entre un adjectif et un verbe, en vezo, se situent sur le plan morphologique. Comme il a été dit plus haut, adjectif et verbe, en malgache, ne se conçoivent pas de la même manière qu'en français.

En vezo, les adjectifs ne sont pas actualisés par un monème de voix, mais certains peuvent le devenir. Le problème a déjà été abordé plus haut. Ils ne sont pas déterminables par une modalité aspectuelle comme "aha-", "-iha-" ou "f-" par exemple, ni par la modalité du nombre. Un article, une modalité du nom ne peuvent pas aussi les actualiser. Par contre, ils sont déterminables par les modalités du temps passé et du temps futur et même parfois des deux à la fois. Tsy nampoiziko ho niave tampoke iha. Je ne m'attendais pas à votre arrivée subite.

Ils peuvent assurer le rôle prédicatif : Adala ty tsioke. Le vent est fou. Ils peuvent aussi être complémentés par des nominaux : Manambale ampela soa fanahy. Il a épousé une jeune fille vertueuse. Ils ont la possibilité d'être mis au mode impératif et être complémentés par un pronom personnel en fonction conjointe : Avia iha ! Viens ! Anake efatse niazoko. J'ai eu quatre enfants.

Ils sont parfois compatibles avec certains adverbes : Fa antetse mare ie. Mais il est bien vieux.

Enfin, ils peuvent entretenir divers rapports avec la classe des locatifs, celles des temporels, interrogatifs, verbes et adjectifs.

4.2.1.2.2. Inventaire.

La classe des adjectifs est ouverte. Elle comprend des monèmes et des synthèmes. Certaines unités peuvent être complémentées par un nom en fonction conjointe. Bolebole^i ty nintsy ty tonjoko. Mes doigts sont engourdis par le froid.

Monèmes : "Avy, abo, azo, fote, meloke, rava, garay, maro, kele, soa, tampake, ela, faly, tsatse, tsereke…". Synthèmes : "Fahefatse, sere…".

Il peut y avoir transfert de certains adjectifs dans la classe des adverbes. Ty fomba soa, les bonnes manières (adj.). Ahajario soa jalatsika reo. Garde précieusement notre argent (adv.).

4.2.1.3. La classe de la modalité temporelle passé.

4.2.1.3.1. Identification.

En vezo, la classe de la modalité temporelle passé ne comporte qu'une unité : la modalité temporelle du passé. Elle détermine d'autres monèmes mais ne peut être elle-même déterminée. Voici les classes qu'elle détermine :

Le passé peut coexister avec :

4.2.1.3.2. Morphologie.

La modalité du passé présente des variantes de signifiants :

4.2.1.3.3. Valeurs.

Le temps passé situe l'action ou l'état considérés dans une période de temps antérieure au moment où l'on parle. Il dénote l'accompli ou l'inaccompli. On peut le traduire en français par l'imparfait, le passé simple ou le passé composé. Il peut avoir une valeur durative, ponctuelle, d'accompli ou d'inaccompli. Si on l'associe à la modalité du temps futur, on obtient une valeur conditionnelle.

4.2.1.4. La classe de la modalité du temps futur.

4.2.1.4.1. Identification.

Elle ne comporte qu'une seule unité : la modalité du futur. Au moment où l'on parle, l'action ou l'état prévus n'ont pas encore eu lieu. La modalité du futur détermine plusieurs classes :

La modalité du futur peut coexister avec les classes suivantes :

4.2.1.4.2. Morphologie.

Le signifiant de la modalité du futur présente deux variantes :

4.2.1.4.3. Valeur.

La modalité du futur projette la valeur de l'unité déterminée dans le futur ou dans un passé qui aurait pu exister. Dans ce cas, elle coexiste avec la modalité du temps passé.

4.2.1.5. La classe de la modalité du mode.

4.2.1.5.1. Identification.

Cette classe ne comporte qu'une seule unité : la modalité "impératif" qui n'est pas déterminable. Elle détermine de très nombreux verbes et quelques adjectifs : Miala iha ! Va-t'en ! Soava manje. Bonne nuit, dormez bien. L'impératif peut coexister avec certains affixes de dérivation et avec l'une ou l'autre des quatre voix. Il ne coexiste pas avec la classe des aspects. Il peut coexister avec les pronoms personnels "iha" et "nareo" : Matokisaiha fa tsy hivalike ami^ao aho. Aie confiance en moi car je ne te trahirai pas. Engaonareo avao toy, zaho hipetsak'eto. Partez, moi, je reste ici. Il peut également coexister avec les verbes causatifs et réciproques.

4.2.1.5.2. Morphologie.

Il existe deux variantes de signifiant pour la classe du mode impératif : "-a" pour la voix agento-stative et les adjectifs et "-o" pour les voix intrumentale, passive et circonstancielle. "Ka" et "mba" ne sont pas considérées comme des variantes de signifiant du monème impératif, mais comme des unités rentrant dans la classe des adverbes. Les variantes de signifiant en frontière avec la racine du mot sont nombreuses. Exemples : aloke -->  aalofo mialofa, masake -->  mañamasaha masaho, mokotse -->  mamokora amokoro, ombotse -->  mañombota omboto, ranto -->  ampanjantovo manjantova, rohy -->  arohizo mirohiza. Dans tous les cas, il y a déplacement de l'accent tonique vers la droite.

4.2.1.5.3. Valeur.

L'impératif exprime un fait qui n'est pas encore actualisé, soumis à un ordre, une invitation ou un souhait

4.2.1.6. La classe des modalités aspectuelles.

Identification.

Là aussi, nous n'avons pu clairement les déterminer car, selon les auteurs, les avis divergent. Monsieur Builles nous fait seulement distinguer deux unités car le parfait inopiné "tafa-" n'existe pas en vezo. Ce sont "voa-" qui exprime le parfait et "f-", l'habituel. S'il n'inclut comme Monsieur Rajaonarimanana "aha-", "-iha-, etc., c'est que ces derniers sont compatibles avec elles : mahavoadofotse = capable de pouvoir être heurté, fihafotia = blanchissement. "Voa-" et "f-" ne peuvent déterminer que des verbes. L'habituel coexiste avec l'une ou l'autre des quatre voix. La classe des aspects peut coexister avec la classe du temps passé et celle du temps futur. Voafita^i ty nama^e soa mare ie. Il s’est fait avoir par son meilleur ami (aspect "voa-" plus passif). Nivoafofoke soa ie la nilatsake. Il a reçu un bon coup et il est tombé. Mijosia lavitse ahe nareo tsy ho voambango. Eloignez-vous de moi, sinon je vous frappe. Le parfait dénote un état exprimant le résultat d'un procès. En général, il y a intervention d'un agent extérieur agissant en fonction conjointe. L'habituel marque un procès habituel effectué par un participant qui peut être un agent ou le siège du procès. L'aspect habituel ne peut coexister ni avec le temps ni avec le mode. Le signifiant de l'habituel peut être amalgamé aux signifiants de voix : manao -->  fanaova.

4.2.2. Le groupe des nominaux.

4.2.2.1. La classe des noms.

4.2.2.1.1. Identification.

La classe des noms est une classse ouverte. A chaque instant, de nouveaux noms se créent et d'autres deviennent obsolètes. Pour les mots grammaticaux, l'évolution est infiniment plus lente. La classe des noms entretient divers rapports avec :

4.2.2.1.2. Rôle et fonctions.

Les noms peuvent jouer le rôle prédicatif : Laka io. C'est une pirogue.

Ils peuvent complémenter des verbes, des adjectifs, d'autres noms, des noms propres, des locatifs et des interrogatifs. Exemples : soa fanahy, firy akoho, tsañom-boro, etc.

4.2.2.2. La classe des pronoms personnels.

4.2.2.1.1. Identification ;

La classe des pronoms personnels appartient à un ensemble fermé. Ils constituent ce qu'on appelle chez les fonctionnalistes des morphèmes (monèmes grammaticaux).

Le terme "personnel" désigne un être humain, animé ou inanimé ou une situation. Il peut être concret ou abstrait.

Comme les noms, ils entretiennent divers rapport avec :

4.2.2.1.2. Inventaire.

La classe des pronoms personnels comprend des unités disjointes en fonction sujet pouvant se placer après le prédicat ou avant si on désire une mise en valeur. Une autre série comprend des unités disjointes en fonction complément objet et une série conjointe en fonction complément d'agent. Lorsqu'une unité est liée à un nom, elle se traduit alors par l'adjectif possessif français.

Le "nous" inclusif" inclut l'interlocuteur et le "nous" exclusif l'exclut.

Les pronoms possessifs sont des pronoms personnels disjoints compléments d'objets auxquels est antéposé l'actualisateur "ty" :

4.2.2.1.3. Morphologie.

Les pronoms personnels connaissent parfois des variantes de signifiant en fonction conjointe ou suivant le contexte. Si la racine du mot ne se termine pas par "-ke" ou "-tse", il n'y a pas de changement. Si elle se termine par "-ke" ou "-tse", il a parfois suppression de ces terminaisons : Hevitse -->  ty heviko, satsoke -->  ty satso^ao.

4.2.2.1.4. Rôle prédicatif et relations avec les autres classes.

Les pronoms personnels peuvent jouer le rôle prédicatif. Anjoze io. c'est à eux ;

En fonction conjointe, quand le pronom personnel commence par une voyelle et que la racine se termine par une voyelle, il se crée une frontière glottalisée qui n'est pas un phonème comme nous l'avons déjà vu auparavant : ty satso^ao.

La fonction conjointe complémente des syntagmes verbaux actualisés par les voix instrumentale, passive et circonstancielle. Hodinihiko zao. J’examinerai cela. On l'observe également dans ces exemples attestés : Aha ! La matiko ry anjoane. Ah ! Je les tuerai aujourd’hui. Marariko eo any iha. Je vais vous le faire payer, assurément.

En vezo, les pronoms personnels sujet et les pronoms possessifs sont souvent mis en valeur ou en thème. Les particules "ro" et "la" disparaissent parfois et sont remplacés par une pause ou un autre mot qui souvent interpelle. Zaho, lehe, tsy afake. Vraiment, mon ami, je ne peux pas. Iha (pause) tsy te-hambole vare ? Tu ne veux pas cultiver du riz ? "Zaho" peut se placer en début ou fin de phrase.

Les pronoms personnels peuvent se comporter comme noyaux avec les classes suivantes :

Comme satellites avec les classes suivantes :

4.2.2.3. La classe des pronoms démonstratifs.

Elle constitue une classe fermée dont voici la liste  : iñe, io, irao, njetike, njetoa, ntia, ntoy, rao, reñe, reroa, reroy, reto, tia, tike, toy, zay, zany, zao. ils sont compatibles avec la classe des prépositions, celle des verbes et celle des noms. Ils peuvent occuper les fonctions sujet, complément ou assurer le rôle prédicatif. Ils peuvent être soit antéposés, soit postposés aux classes avec lesquelles ils entretiennent des relations. Comme les démonstratifs ou les modalités démonstratives, ils indiquent des éléments visibles ou invisibles, présents ou non, extensifs ou ponctuels.

En voici quelques-uns :

4.2.3. Le groupe des articles et des modalités nominales.

4.2.3.1. La classe des articles.

Elle comporte des unités non déterminables par d'autres unités s'excluant mutuellement. Ces unités déterminent des noms auxquels elles sont antéposées (l'article défini) ou, beaucoup plus rarement, qu'elles encadrent (les démonstratifs).

4.2.3.1.1. L'article défini "ty".

4.2.3.1.1.1. Identification.

L'article défini "ty" est antéposé aux classes transférées ou non et se comporte uniquement comme satellite. Il est compatible avec :

4.2.3.1.1.2. Morphologie.

Le défini présente trois variantes de signifiants :

4.2.3.1.1.3. L'article a surtout une valeur généralisante. Il définit une catégorie ou un ensemble. Il peut coexister avec une modalité démonstrative, un locatif, un pronom personnel en fonction conjointe ou non, ou la modalité globalisante "iaby": Ampiaiño tyaze marary io. Faites respirer celui qui est malade. Tsy nahafake ty varavara ty malaso reñe. Les voleurs n’ont pu forcer la porte. Mañafake ty hasosora^ay ty fiavia^ao. Ton arrivée soulève notre colère. Ty ami^ayañe aloha, soa ty anjo. D’abord, chez nous, il fait beau.

4.2.3.1.2. Le surdéfini.

Son emploi est rare. Le Vezo préfère utiliser les démonstratifs. Il est antéposé au nom qu'il actualise et présente deux variantes de signifiant "lay" et "le" : Zao takiako any jala tami^i le velilahiko ity zay. Alors, j'exige mon argent que j'ai confié à mon beau-frère. Il signale que l'élément actualisé est parfaitement identifié.

4.2.3.2. La classe des modalités démonstratives.

Sémantiquement, elles ressemblent beaucoup aux actualisateurs du nom. Pourtant, on n'a pu les ranger avec eux car elles coexistent avec l'article défini "ty" antéposé au nom. Des modalités démonstratives peuvent être postposées à certains pronoms personnels : Satsia i nanao soa aze ka zay ro añafaha^e aze io. C'est parce qu'il lui a fait du bien qu'il l'a libéré.

La classe des modalités démonstratives comporte des unités non déterminables et est constitué d'un ensemble très riche, d'emploi fréquent et qui obéit à des règles syntaxiquement complexes.

Elles sont postposées au nom et accompagnent souvent l'article défini "ty" qui lui est antéposé au nom. Elles sont toujours postposées aux pronoms personnels dont elles sont le satellite. Elles peuvent coexister avec la modalité du nombre "r".

Voici un inventaire attesté (avec variantes de signifiants et pluriels) dans le corpus recueilli et qui a servi à l'élaboration du dictionnaire : eñe iñe oñe reñe njeñe, io njeo reo, roa njoa njeroa reroa, ite ity itiite itiity rety, tia ntia intia retia, reto njeto retoa njetoa, roy njoy reroy njeroy, rao irao, zao rezao, tike retike njetike, rey, toy.

Syntaxiquement, les modalités démonstratives, avec l'aide de l'article défini "ty", peuvent être à l'origine d'enchassements d'expressions plus ou moins longues : Ty fahita raho añ'abo eñe reñe ro amantara ty tsioke. On peut connaître le nom des vents en regardant les nuages là-haut ("reñe se rapporte à "raho"). Volaño Lita hañakatse ty boky latsake io. Dites à Lita de ramasser ce livre tombé à terre ("io" se rapporte à boky).

4.2.3.3. La classe de la modalité globalisante.

Cette classe ne comporte qu'une unité non déterminable "iabe". Elle a une valeur globalisante et se traduit à peu près en français par "tout, tous". Elle peut être antéposée ou postposée au noyau déterminé. Ce peut être :

Il peut coexister avec :

Il peut se présenter sous la forme d'un signifiant discontinu. Iaby ty olo iaby, le peuple. Et syntaxiquement, il peut jouer la fonction sujet. Lo raike, lo iaby. Un pourri, tous pourris.

4.2.3.4. La classe de la modalité du nombre.

Cette classe ne comporte qu'une unité non déterminable, la modalité du nombre "r". Cette unité peut déterminer des noms, des noms propres, des modalités démonstratives et des pronoms démonstratifs. Tsy nahafake ty varavara ty malasoreñe. Les voleurs n’ont pu forcer la porte. Hareo reñe fa ka vonoe. Elevez-les, mais ne les tuez pas. Ampanompoe^e anay ty raha heje^ay reo. Il nous fait servir les choses que nous détestons. Avia, ryaka. Venez, les enfants.

4.2.3.5. La classe des locatifs.

4.2.3.5.1. Identification.

La classe des locatifs est fermée. Ils situent dans l'espace (seuls ou avec la préposition "mb") et le temps (avec la modalité temporelle passé) les objets en question. Ils ne sont pas actualisables par une voix ni déterminables par une modalité aspectuelle, mais sont déterminables par la modalité temporelle passé "t" que certains auteurs appellent aussi "ablatif". Ils peuvent assumer le rôle prédicatif et donc être complémentables par des nominaux. Ils peuvent aussi jouer le rôle de sujet et de complément.

Ils peuvent entretenir plusieurs rapports avec d'autres classes en tant que noyau ou satellite.

Voici quelques-unes de ces classes :

4.2.3.5.2. Rôles et fonctions.

Les locatifs peuvent jouer le rôle prédicatif ou le rôle sujet avec d'autres classes. Eto ty hilahara^areo. C’est ici que vous vous mettez en ordre (rôle prédicatif). Tsy azo ivarota ty eto. Défense de vendre ici (rôle sujet).

Ils peuvent complémenter des noms, des verbes. Lafa bake nanjaoke ie, nimpoly tse nañatitse an-tsañoañe. A chaque fois qu'elle le ramassait, elle le ramenait donc à la maison. Alaoañe ty fati^e. Va chercher son cadavre.

4.2.3.5.3. Inventaire.

Les unités dont le signifiant commence par "e" désignent des lieux visibles et celles dont le signifiant commence par "a" désignent des lieux invisibles souvent délimités de façon vague. Certaines unités incluent ou non le locuteur, le lieu étant étendu (extensif) ou circonscrit (ponctuel). Elles précisent aussi les distances par rapport au locuteur (distance minimale, moyenne ou maximale). L'espace considéré est toujours relatif. Il peut être la terre entière ou un endroit restreint comme dans la maison. On peut dire : An-dafe añe, à l'extérieur du pays ou dire "añ'efitsaño añe", dans la pièce la plus éloignée de la maison. La langue vezo utilise beaucoup les locatifs. C'est normal, car le pays et la mer sont des étendues le plus souvent sans point de repère concret. L'utilisation fréquente de locatifs variés permet une appréciation assez correcte des distances visibles ou invisibles. Le tableau ci-dessous donne une idée du nombre possible de locatifs employés.

Le locatif se place après le mot qu'il détermine. Nandositse ty azy tan-gaja ao oñe. Celui qui était en prison s’est évadé.

Si la modalité temporelle passé "t" leur est antéposée, elle indique quelque chose qui n'est plus là au moment où l'on parle.

Les locatifs sont susceptibles d'être rédupliqués de deux manières : soit simplement (eoeo, eroiroy…) rendant le lieu encore plus vague, soit en incluant la modalité du futur "ho" ajoutant alors une valeur temporelle. Eo ho eo, aussitôt. Ato ho ato, bienheureux.

4.2.3.6. La classe des temporels.

4.2.3.6.1. Définition.

La classe des temporels contient un nombre limité d'unités. Leur fonction est de situer un événement par rapport au moment où l'on parle. Il est difficile de préciser cette classe car certains de ses éléments se rapprochent aussi bien des nominaux que des adverbes.

4.2.3.6.2. Rapports avec les autres classes.

Les temporels peuvent complémenter ou être complémentés par d'autres classes. Voici les classes avec lesquelles ils entretiennent des rapports :

4.2.3.6.3. Rôle prédicatif et fonctions.

Les temporels peuvent jouer le rôle prédicatif, assumer la fonction sujet ou la fonction circonstancielle.

4.2.3.6.4. Inventaire.

Les divisions des périodes envisagées suivantes peuvent être transférées dans la classe des noms :

4.2.3.7. La classe des adverbes.

Cette classe est ouverte. En général, ils sont tous susceptibles de porter sur un verbe et peuvent lui être antéposés ou postposés selon Monsieur Builles qui n'hésite pas à désigner cette classe comme une nébuleuse. Quant à Monsieur Rajaonarimanana, il convient d'appeler auxiliaires les modalisateurs antéposés et adverbes ceux qui sont postposés. Nous restons sur l'expectative. Les adverbes (ou auxilaires) ont surtout une fonction sémantique et sont de ce fait difficiles à classer. Les adverbes entretiennent des rapports avec les classes suivantes:

Une cinquantaine d'adverbes ont été relevés dans le dictionnaire. Notons que des adjectifs peuvent être transférés dans la classe des adverbes. Iaby nandeha soa. Tout s’est très bien passé. Enfin, un adverbe ne peut jouer le rôle prédicatif.

4.2.3.8. La classe des interrogatifs.

La classe des interrogatifs est fermée. Ils peuvent jouer le rôle prédicatif, occuper la fonction sujet, une fonction objet, conjointe ou circonstancielle. Ils peuvent complémenter des noms, des adjectifs, des verbes.

Rôle prédicatif : Aia ty tsaño fiakanjoa ? Où est le cabinet de toilette ?

Complément d'un verbe. Handatsaha^ao ohatsino ty mete^i raha toy ? Quelle remise m’en ferez-vous par mètre ?

4.2.4. Le groupe des relationnels.

4.2.4.1. La classe des prépositions.

C'est une classe ouverte d'éléments qui indiquent la fonction de noms, de locatifs et d'interrogatifs. La préposition est antéposée au noyau dont elle indique la fonction. Certaines prépositions peuvent coexister avec la modalité temporelle passé. On appelle aussi les relationnels des fonctionnels.

Inventaire :

4.2.4.2. La classe des subordonnants.

Les subordonnants sont des fonctionnels qui indiquent la fonction de verbes, adjectifs, noms, locatifs, temporels et interrogatifs. Ils se différencient des prépositions qui n'introduisent ni verbes, ni adjectifs, ni temporels. Certains transferts préposition-subordonnant peuvent avoir lieu.

Inventaire.

4.2.4.3. La classe des coordonnants.

Les coordonnants ne font pas partie des fonctionnels comme les prépositions et les subordonnants. Ils indiquent une relation d'identité entre deux unités, mots ou propositions par exemple.

Inventaire.

4.2.4.4. La classe des valorisants.

La classe des valorisants comprend deux unités qui s'excluent mutuellement : le monème de mise en valeur "ro" et le monème de mise en thème "la" qui possède des variantes de signifiants "le" et "pause". Ces unités sont postposées au participant mis en thème ou mis en valeur et qui se trouve en tête de phrase.

4.2.4.4.1. Le monème de mise en valeur concerne nombre de fonctions syntaxiques. Voici les classes qui occupent ces fonctions.

4.2.4.4.2. Le monème de mise en thème dont le signifiant est souvent vide et est remplacé par une pause plus ou moins longue, est ce dont on parle, supposé connu et qui invite simplement au commentaire.

Zaho (pause) manampake anjefa. Moi, je coupe à l’ouest. Zaho la mbo tsy nisy raha nakapako lia^i nomale. Je n’ai rien avaler depuis hier.

4.3. La phrase. Fonctions et rôles.

4.3.1. La construction des phrases.

Avant de définir quels sont les types de phrases en vezo, il est nécessaire de bien faire la différence entre classe, fonction et rôle. Les classes qui ont été étudiées précédemment, contiennent des éléments qui entrent en relation entre eux définissant ainsi certaines fonctions. Il peut aussi y avoir transfert d’un élément dans une autre classe ce qui permet à chaque élément de jouer un rôle selon la fonction qu’il assume dans la phrase. Ainsi un verbe, un locatif, une proposition peuvent jouer le rôle de sujet d’un prédicat qui est l’élément central de la phrase.

Précisons qu’une fonction est une relation entre deux unités.

En vezo, il existe deux sortes de phrases : les phrases verbales dont le prédicat est un verbe orienté selon un type de voix et les phrases non verbales qui sont rendues en français par les verbes « être » ou « avoir ».

Phrases verbales : Miakatse mare ty vilin-jaha hananek'io. Les choses coûtent très cher à l'heure actuelle.

Phrases non verbales : Zaho fa amoke ty tsaño kelekele toy. J'en ai assez de cet appartement trop petit. "Amoke" est un adjectif.

Ces types de phrases sont des phrases affirmatives. Elles peuvent devenir négatives par l’adjonction de l’auxiliaire « tsy » : Tsy misy toera malalake hiamparako eto. Il n'y a pas de vaste endroit pour me détendre ici.

4.3.2. Le prédicat. Le sujet.

Le prédicat est le centre de la phrase à partir duquel d’autres éléments sont reliés par différents liens fonctionnels. Le prédicat est indépendant, central (noyau), obligatoire et sa position est fixe. En vezo, la distinction ne se fait pas, comme en français, entre verbe et sujet mais entre prédicat et non-prédicat. Les autres éléments de la phrase, eux, jouent le rôle de compléments. Voici les unités pouvant assumer le rôle prédicatif :

En général, le sujet se trouve en fin de phrase. Mais selon les intentions communicatives du locuteur, il peut y avoir mise en relief par « ro » ou mise en thème par « la » ou une pause. La fonction sujet peut être occupée par des unités appartenant aux classes les plus diverses :

Si le prédicat est un verbe, c’est le sujet, qui selon sa relation sémantique au procès, détermine sa forme. Le sujet peut être :

Il est possible que d’autres relations existent en vezo. Le temps nous a manqué pour une étude approfondie.

4.3.3. La fonction complément.

Selon Monsieur Builles et les fonctionnalistes en général, il n’existe que trois relations possibles au sein de l’énoncé : la prédication, la détermination et ses cas particuliers, la subordination et la complémentation, la coordination ou la juxtaposition. Tous les autres éléments de la phrase qui ne sont ni prédicat, ni sujet, occupent la fonction complément. La présence du complément n’est pas obligatoire comme l’est celle du sujet.

Il existe deux sortes de compléments : les compléments qui se rapportent directement au prédicat et qui, par reversion syntaxique, peuvent devenir sujets et les compléments secondaires qui déterminent le prédicat ou les autres constituants de la phrase et qui ne pourront devenir pas sujets par reversion syntaxique.

4.3.3.1. Les compléments rattachés directement au prédicat.

Ils sont toujours placés après le prédicat verbal. Il peut y en avoir un ou deux. Quand il n’y en a qu’un, c’est un complément d’objet qui peut être défini ou non ou introduit par la préposition "an'". Iha mamarahe an’i vali^ao. Tu es jaloux de ta femme.

On peut avoir :

4.3.3.1.1. Un complément d’objet. Il suit immédiatement le prédicat verbal. Il peut être défini ou non. Les noms propres sont introduits par la préposition "an-" ou "an'". Nahita an’i Pôly nomaly iha ? Est-ce que tu as vu Paul hier ? Miantso an-Jañahare roze lafa hitoka. Ils appellent Dieu pour faire une offrande.

4.3.3.1.2. Un complément de destinataire ou bénéficiaire. Ce sera le deuxième complément d’un verbe à deux compléments. Il peut être introduit ou non par une préposition. Mañome heñatse ty vata^e ie. Il se déshonore. Iñe mañome lala ami^i ty fihena^i ty kalo^i ty polase. Elle donne droit à une réduction du prix de la place.

4.3.3.1.3. Un complément d’instrument. Quand il y a deux compléments, le premier a une valeur non applicative, instrumentale, et le second, une valeur applicative (destinataire). En général, l’ordre des compléments est pertinent sauf pour quelques verbes "ame" par exemple). Le premier complément n’est pas défini. Si on le met en valeur par la préposition « amin’ », sa position n’est plus pertinente et on obtient une forme circonstancielle par réversion syntaxique.

4.3.3.1.4. Un complément circonstanciel. Les compléments circonstanciels, qui n’ont pas de place fixe dans la phrase (certains peuvent se placer avant ou après le sujet), expriment des relations sémantiques indépendantes du sens apporté par le verbe. Souvent, la préposition qui peut les introduire apporte un complément de sens.

Voici les principales relations sémantiques exprimées :

4.3.3.1.5. Un complément d’agent. Il suit immédiatement le verbe à la voix passive ou circonstancielle ou, sinon, l’adjectif. Des accidents formels peuvent se produire entre lui et l’élément complémenté. Doiñeko iaby laka eo. J’ai frappé sur la pirogue. Ho antsa^i Vero ami^areo ty antsa masikoro. Vero va chanter les chansons masikoro pour vous.

Contrairement aux compléments du verbe, ils ne peuvent occuper la fonction sujet dans le cas d’un changement de voix.

4.3.3.2.1. Les compléments du nom. On a soit une détermination possessive soit une détermination épithétique soit une détermination appositive. Exemples :

4.3.3.2.2. Les compléments de l'adjectif.

Ils peuvent exprimer :

Notons la construction particulière et fréquente qui fait converger le sens de l'adjectif sur un objet qu'on veut mettre en relief.

Peuvent devenir tour à tour sujets : l'agent, l'instrument, le destinataire, la circonstance. Voici des exemples qui illustrent cette situation selon l'intention du locuteur à décrire la situation par rapport à :

En général, en vezo, la phrase commence par un prédicat suivi ou non des compléments les plus variés et se termine par un élément en fonction sujet. S'il y a un complément circonstanciel de temps, il vient ordinairement après le sujet.

La thématisation est très courante en vezo. Le plus souvent, il y a insertion d'une pause entre le sujet antéposé et le verbe. Zaho (pause) mieritseritse fa ho tampake ty hosy toy. J'ai l'impression que la ficelle va se casser.

Enfin l'emphatisation est nécessaire si on veut parler d'un élément à l'exclusion de tout autre.

Iha (sujet) ro (valorisant) amantohako (verbe) ty jalako (complément). C'est à vous seul et personne d'autre que je confie mon argent.