2. La transmission et la réception : phonétique acoustique (suite)

 

2.1. Généralités

2.1.1. Physiologie et acoustique

2.1.2. L’étude proprement dite.

2.2. Caractéristiques acoustiques des voyelles.

2.2.1. Visualisation.

2.2.2. Étude de l’amplitude des sons non entravés.

2.2.3. Étude du temps d’émission des sons non entravés.

2.2.4. Remarques sur les fréquences et conclusion.

2.3. Caractéristiques acoustiques des consonnes.

2.3.1. Visualisation et premières remarques.

2.3.2. Étude de l’amplitude des sons entravés et interprétation des visualisations précédentes.

__________________________________________________________________________

 

[s]

 

amplitude 0

 

amplitude 0,5

 

 

[a]-[s]

 

[t]-[i]

[a]-[a]

amplitude 1

 

 

 

 

 

 

 

[t]-[a]

[t]-[a]

[t]-[u]

[t]-[i]

[ t]-[i]

[t]-[i]

 

amplitude 2

 

 

 

 

 

 

 

 

[t]-[u]

[t]-[i]

[a]-[i]

[t]-[i]

[t]-[i]

 

 

amplitude 3

 

 

 

amplitude 6

 

 

 

[a]-[i]

[e]-[u]

[t]-[i]

 

[t]-[ u]

[i]-[i]

[t]-[i]

amplitude 4 : /
amplitude 5 : /
amplitude 7 : /
amplitude 8 : /
amplitude 9 : /
amplitude 10 : /

Les caractéristiques de ce son sont très proches de celles du [f].

[v]

amplitude 0,5

 

 

 

amplitude 1

 

 

 

[a]-[a]

[a]-[j]

[u]-[r]

 

[ w ]-[a]

[a]-[a]

[r]-[u]

amplitude 4

 

amplitude 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[o]-[r]

 

[r]-[r]

 

 

 

 

 

amplitude 0 : /
amplitude 2 : /
amplitude 3 : /
amplitude 6 : /
amplitude 7 : /
amplitude 8 : /
amplitude 9 : /
amplitude 10 : /

Ce son laisse apparaître son caractère voisé avec des ondes parfois régulières, mais comme il est émis faiblement, son interprétation en est difficile.

[z]

amplitude 0,5

 

 

 

 

 

 

[d]-[u]

[d]-[i]

[n]-[a]

[i]-[r]

[a]-[a]

[i]-[æ]

[a]-[a]

amplitude 1

 

 

 

 

 

 

[i]-[a]

[d]-[a]

[i]-[a]

[n]-[æ]

[d]-[r]

[u]-[a]

[a]-[e]

amplitude 2

 

 

 

amplitude 3

 

amplitude 4

 

 

[n]-[e]

[i]-[r]

-[u]

 

[i]-[a]

 

[e]-[r]

amplitude 0 : /
amplitude 5 : /
amplitude 6 : /
amplitude 7: /
amplitude 8 : /
amplitude 9 : /
amplitude 10 : /

Son caractère voisé s’amplifie à la fin de l’émission, mais n’est-ce pas dû déjà à l’infection de la voyelle qui le suit ?

[m]

amplitude 0,5

 

 

-[â]

 

amplitude 1

 

 

 

 

 

 

[r]-[i]

[ w ]-[i]

[ w ]-[i]

[i]-[ i]

[i]-[i]

[u]-[b]

[i]-[w]

 

 

 

 

 

 

[â]-[b]

[â]-[b]

 

 

 

 

 

amplitude 2

 

 

 

 

 

 

 

[a]-[u]

[u]-[w]

[u]-[a]

[a]-[u]

[w]-[w]

[i]-[i]

 

amplitude 3

 

amplitude 4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[u]-[w]

 

[a]-[a]

 

 

 

 

 

amplitude 0 : /
amplitude 5 : /
amplitude 6 : /
amplitude 7 : /
amplitude 8 : /
amplitude 9 : /
amplitude 10 : /

Les ondes sont remarquablement régulières et rappellent celles d’une voyelle.

[n]

amplitude 0,5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-[z]

[i]-[t]

 

 

 

 

 

amplitude 1

 

 

 

 

 

 

[a]-[i]

[i]-[z]

[a]-[j]

[i]-[d]

[a]-[ w ]

[a]-[i]

-[z]

 

 

 

 

 

 

[i]-[a]

[e]-[i]

 

 

 

 

 

amplitude 2

 

 

 

 

 

 

[u]-[d]

[a]-[d]

[a]-[i]

[â]-[u]

[u]-[a]

[a]-[w]

[e]-[t]

 

 

 

 

[â]-[d]

[ê]-[t]

[u]-[d]

[a]-[i]

 

 

 

amplitude 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[â]-[t]

[â]-[t]

[a]-[a]

[w]-[d]

 

 

 

amplitude 0 : /
amplitude 4 : /
amplitude 5 : /
amplitude 6 : /
amplitude 7 : /
amplitude 8 : /
amplitude 9 : /
amplitude 10 : /

Mêmes remarques que pour [m].

[ñ]

amplitude 0,5

 

amplitude 1

 

 

 

amplitude 2

 

 

[e]

 

[u]-[i]

[â]-[a]

[e]-

 

[u]-[i]

amplitude 3 :

 

 

amplitude 5 :

 

amplitude 6 :

 

 

[â]-[a]

[r]-[a]

 

[a]-[a]

 

[â]-[a]

amplitude 0 : /
amplitude 4 : /
amplitude 7 : /
amplitude 8 : /
amplitude 9 : /
amplitude 10 : /

Mêmes remarques que pour [m] et [n].

[r]

amplitude 0,5

 

 

amplitude 1

 

 

 

 

[i]-[j]

[i]-[ i]

 

[i]-[ i]

[e]-[a]

 

amplitude 2

 

 

 

 

amplitude 3

 

 

 

[u]-[u]

[i]-[i]

[u]-[u]

[a]-[a]

 

-[a]

 

amplitude 4

 

amplitude 5

 

amplitude 6

 

 

 

 

 

[a]-[i]

 

[a]-[a]

 

[ a]-[a]

[u]-[æ]

[a]-[i]

[a]-[e]

amplitude 0 : /
amplitude 7 : /
amplitude 8 : /
amplitude 9 : /
amplitude 10 : /

On note parfois une régularité dans les ondes mais comme [h], le caractère faible de son émission apparaît souvent.

[j]

amplitude 0,5

 

amplitude 1

 

amplitude 2

 

 

 

[æ]-[e]

 

[i]-[e]

 

[v]-[â]

[i]-[w]

amplitude 3

 

 

 

amplitude 4

 

 

 

[i]-[ê]

[r]-[a]

[i]-[e]

 

[i]-[a]

 

amplitude 6

 

 

 

amplitude 8

 

 

 

 

 

 

 

[i]-[a]

[ i]-[æ]

[i]-[â]

 

[i]-[a]

 

 

 

amplitude 0 : /
amplitude 5 : /
amplitude 7 : /
amplitude 9 : /
amplitude 10 : /

Souvent, le train d’ondes de ce son voit son amplitude augmenter en cours d’émission.

[w]

amplitude 0,5

 

 

 

amplitude 1

 

amplitude 2

 

 

[r]-[f]

[e]-

[r]-

 

[u]-[i]

 

[j]-[w]

amplitude 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[o]-[o]

[k]-[æ]

[e]-

 

 

 

 

amplitude 4

 

 

 

 

 

 

[r]-[a]

[r]-

[a]-[r]

[k]-[a]

[m]-[a]

[m]-[a]

[m]-[e]

 

 

 

 

 

 

[k]-[a]

 

 

 

 

 

 

amplitude 5

 

 

amplitude 6

 

 

 

 

[o]-[a]

[r]-[a]

 

[m]-[a]

[k]-[a]

 

amplitude 7

 

 

[k]-[a]

[a]-[i]

[k]-[a]

amplitude 0 : /
amplitude 8 : /
amplitude 9 : /
amplitude 10 : /

A la différence de [j], on peut avoir, soit une augmentation des amplitudes du train d’ondes, soit une diminution. Ces deux sons sont qualifiés de transitoires.

2.3.2. Étude de l’amplitude des sons entravés et interprétation des visualisations précédentes.

Voici les sons entravés recensés : [k], [p], [t], [b], [d], [l], [f], [ƒ], [h], [s], [v], [¥], [z], [m], [n], [ñ], [h], [r], [^], [j], [w].

Le recensement des sons entravés semble au premier abord plus facile que celui des sons non entravés. Ces derniers, en vezo, sont présents dans de nombreux champs de dispersion et une oreille étrangère à la langue a du mal à distinguer les diverses nuances d’un « son de base ». Il est difficile d’affirmer si telle ou telle variation appartient à un son de base ou à un autre. [æ] est-il plus proche de [a] ou de [e] ou est-il indépendant des deux ? Car il peut y avoir d’infinies transitions entre [a] et [æ] ou [æ] et [e] ou même, si on veut pousser plus loin le raisonnement dire que [æ] est une étape parmi d’autres entre [a] et [e]. Doit-on alors noter chaque nuance avec un symbole différent ? Mais dans ce cas, la transcription phonétique en deviendrait vite illisible.

Pour les sons entravés, il semble plus facile de faire des distinctions plus nettes bien que, parfois, ce ne soit pas toujours le cas. Ainsi [f] et [v] ont tendance souvent à perdre leur caractéristique fricative pour devenir spirants [f] -> [ƒ] et [v] -> [¥]. On n’a pu déterminer si c’était un contexte précis qui aurait pu imposer ce changement ou si ce n’était que des variantes libres d’un même son. Par contre, les choses paraissent plus claires pour [ñ] ou [h] qu’on a notés globalement [ñ] dans tous les cas. Il semblerait que ce son s’articule très approximativement comme [ng] (n + explosion) devant [a, o, u, w,...] et [gn] (n mouillé) devant [i, i, e,...], ces différences ne sont pas toujours pourtant bien perçues dans ces contextes. Mais là, on entre déjà dans le cadre de la phonétique combinatoire qui sera abordée de façon approfondie plus loin.

La visualisation des trains d’onde de chaque son entravé permet déjà de faire quelques remarques qui pourront aboutir à un premier classement de ces sons :

- Certains sons ont des amplitudes nulles ou très faibles suivie d’une brève et souvent violente augmentation de ces amplitudes. Pendant quelques centièmes de seconde, le silence est total ou alors apparaît un léger bruit continu qui s’apparentent à des parasites créés par l’enregistrement. Quelquefois, pour le même son étudié, il n’y a pas d’explosion, mais un léger voisement. N’oublions pas que l’émission des voix n’est pas homogène tout au long du groupe de souffle et on assiste à de fréquents amuïssements en fin de souffle. On constate très souvent que le locuteur essaie d’être le plus efficace avec un minimum d’effort. Dans le cadre des productions vocales, le phénomène est courant. Si le locuteur sait qu’il a déjà été compris en début de groupe de souffle, il aura tendance à assourdir ou à passer sous silence la fin. La plupart des amplitudes des sons au début d’un groupe de souffle sont en général fortes alors qu’elles se perdent dans le sable à la fin.

[tabakamurund’a:vew o] = « Ta bak’ a Morondava eo » = « Depuis Morondava »

 

[vew u] = diminution des amplitudes

(fin de groupe de souffle)

- Une autre remarque permet de s’apercevoir souvent que si le son entravé est entouré d’un ou deux sons non entravés de forte amplitude, lui aussi aura tendance à s’exprimer par une forte amplitude. Mais tout dépend en outre dans quelle partie du groupe de souffle ce son se trouve. Pour un [k], un [t], les explosions sont fortes au voisinage d’un [a] ou de deux [a]. Les explosions sont faibles au voisinage d’un [i] ou d’un [u].

- L’influence de l’accent aussi est déterminante. Les amplitudes des sons sous l’accent sont franches et fortes de même que les trains d’onde pour les sons non entravés s’allongent nettement.

- D’une façon générale, sauf pour [h], [r], [j] et [w], et dans une moindre mesure [l] et [s], les amplitudes des sons entravés sont nettement plus faibles que celles des sons non entravés. Dans un groupe de souffle, les sons entravés préfèrent les creux et les sons non entravés, les crêtes. Une étude statistique sera faite plus loin, mettant en jeu les phonatomes.

- Lorsqu’on examine l’ensemble des amplitudes des sons entravés, on s’aperçoit qu’on peut opérer un premier classement. Certains trains d’ondes se ressemblent pour des sons différents. Ainsi, comme nous l’avons déjà dit plus haut, des sons « affectionnent » de longs silences ou un léger voisement suivis d’une explosion plus ou moins forte :

* silence + explosion : [k], [p], [t]

* léger bruit + explosion : [b], [d]

Ensuite, il existe un son se caractérisant soit par un long silence ou un long bruit léger ou moyen entrecoupé d’une ou plusieurs explosions, c’est [l].

D’autres sons s’expriment par des oscillations complexes et des amplitudes aléatoires correspondant à des bruits tels : [f], [s], [v], [z].

Nous observons aussi avec quelque surprise que certains sons se comportent comme des sons non entravés. Les trains d’ondes de ces consonnes ressemblent aux trains d’ondes des voyelles. Ces consonnes sont à caractère vocalique. Ce sont [m], [n], [ñ], [r]. Pour [h], c’est moins net. Il est à noter que [r] présente parfois la particularité de se fondre dans la voyelle qui le suit. Soit qu’on a du mal à délimiter sa frontière avec le son suivant, soit que sont temps d’émission est très court. En outre, il est souvent peu mis en relief par rapport aux autres sons. La friction est très faible comme le [h]. Et il est très rare qu’il soit roulé comme en merina (un Vezo nous a dit que comme le [l], l’air passe de chaque côté et il sent une légère friction). Sur le plan physiologique, pour [ha] la langue touche d’abord le palais puis s’abaisse alors que c’est l’inverse pour [ñi], [h] est plus en arrière que [ñ].

- Enfin, il existe une dernière catégorie de sons entravés : [j] et [w]. Tout comme les sons non entravés, ils ont des périodes régulières mais moins nettes surtout pour [j]. Ces périodes présentent une particularité qui fait leur originalité : chaque train d’onde correspondant a tendance à voir son amplitude croître ou décroître dans le temps. En outre, ils sont très brefs et ne se laissent pas facilement isoler. En fait, on a tendance, non à les considérer comme des sons à part entière mais comme des transitions entre deux sons, eux, bien perçus. Nous avons placé ces deux sons parmi les consonnes car s’ils ne sont pas précédés ou suivis d’une voyelle, ils sont mal perçus du fait de leur caractère spirant très bref.

En conclusion, nous comptabilisons en vezo, quatre groupes de sons :

- Des sons qui explosent, précédés ou non d’un léger bruit.

- Des sons qui « frottent ». L’air entre en turbulence dans des endroits resserrés.

- Des sons à caractère vocalique.

- Des sons de transition.

 

ACCUEIL
PREMIERE PAGE