2. La transmission et la réception : phonétique acoustique

 

2.1. Généralités

2.1.1. Physiologie et acoustique

2.1.2. L’étude proprement dite.

2.2. Caractéristiques acoustiques des voyelles.

2.2.1. Visualisation.

2.2.2. Étude de l’amplitude des sons non entravés.

2.2.3. Étude du temps d’émission des sons non entravés.

2.2.4. Remarques sur les fréquences et conclusion.

2.3. Caractéristiques acoustiques des consonnes.

2.3.1. Visualisation et premières remarques.

2.3.2. Étude de l’amplitude des sons entravés et interprétation des visualisations précédentes.

__________________________________________________________________________

 

2.1. Généralités

2.1.1. Physiologie et acoustique

Elles sont inséparables dans l’étude des sons. L’une complète l’autre. Car, on verra plus loin, suivant Martinet que « le trait qui désigne un trait distinctif doit toujours être compris comme conventionnel et non descriptif, c’est-à-dire couvrant la totalité de ses caractères articulatoires et acoustiques». De toute façon, on conçoit mal que les sons émis ne soient pas transmis ou perçus dans une communication normale. C’est donc sur le plan acoustique que l’étude du son est la plus facile car, en physiologie, il est difficile d’étudier avec précision les centaines de muscles qui entrent en jeu et les contractions des divers organes. Des appareils tels que l’oscilloscope, le spectrographe, le sonagramme permettent une étude fine des sons. On peut calculer au millième de seconde près le temps d’émission d’un son, l’amplitude de ses périodes plus ou moins complexes, sa fréquence et ses formants. L’étude présente a surtout porté sur le temps, l’amplitude, la fréquence et l’entourage car n’oublions pas que les sons s’influencent les uns les autres mais gardent quand même quelques caractéristiques fondamentales.

Ce qui compte, comme l’ont montré G. Streka et P. Simon, ce sont « les rapports chez un même sujet entre les caractères génétiques des sons » entre les phases successives d’une articulation. L’étude acoustique, elle, analyse les sons eux-mêmes et non la façon dont ils sont produits par tel ou tel locuteur. Mais elle ne saurait être la seule méthode. En outre, on s’apercevra très vite dans la suite de cette étude que, chez le même sujet, dans une même phrase, les vibrations caractéristiques d’une même voyelle peuvent différer sensiblement selon la rapidité du débit, la force, l’entourage phonique, l’émotion, les excès, etc. On essaiera donc de confronter les résultats sur le plan physiologique et sur le plan acoustique.

2.1.2. L’étude proprement dite.

Rappelons que le son est un phénomène périodique complexe décomposable en une somme de sons simples, les vibrations se reproduisent de façon identique dans des intervalles de temps égaux. La fréquence liée à ce phénomène est le nombre de répétitions par seconde. Le temps d’émission a été calculé en dixièmes de seconde. Conventionnellement, l’amplitude qui est l'élongation de l'oscillation par rapport à la position de repos, a été calculée de 0 à 10, en unités entières sauf pour aller de 0 à 1 où on note des amplitudes de 0,5 afin de distinguer les sons assourdis (0,5) des sons réellement sourds totalement ou partiellement sur l’axe du temps. L’étude a aussi porté sur la visualisation même du son, sa fréquence, son nombre absolu de périodes, son contexte phonique et sur sa position relative sur l’axe des amplitudes par rapport aux sons voisins.

2.2. Caractéristiques acoustiques des voyelles.

2.2.1. Visualisation.

Rappelons qu’on appelle provisoirement « voyelle » tout son qui ne subit pas d’entrave tout au long de la colonne d’air émise.

Comment a été découpé chaque groupe de souffle visualisé sur l’oscilloscope simulé sur ordinateur ? Il faut bien l’avouer : un peu arbitrairement. Pourquoi ?

Beaucoup pensent que les sons de la chaîne parlée se succèdent comme les lettres de la chaîne écrite. Ainsi, si nous analysons la phrase suivante : « Injoy laka raiky = Voici une pirogue », nous comptons 14 graphèmes. Nous pensons alors que, sur le plan phonétique, le découpage sera aussi facile. Après écoute, nous allons obtenir : [nzoel’akarajk] soit logiquement 12 sons. Il n’y aura qu’à découper la courbe sinusoïdale complexe en autant de tranches correspondant aux sons comme l’image ci-dessus le montre pour un autre groupe de souffle.

Mais le problème, c’est qu’on n’arrive pas à situer exactement la frontière qui pourrait exister entre chaque son. Chaque phonème est une quantité discrète mais, réalisé phonétiquement, il n’a aucune autonomie, même relative. Chaque son fusionne en partie avec les sons voisins. Dans [l’aka], la fin de [l] n’est plus vraiment un [l] mais est déjà perçu comme un [a] et le début de [a] n’est pas encore vraiment un [a] car il est encore coloré par [l]. Quelle que soit la façon dont on pourrait procéder, il ne peut y avoir de vraie et franche limite physique. Il existe toujours une zone neutre de quelques millièmes de seconde qui ne sera jamais tout à fait le son suivant. On ne peut repérer qu’un intervalle signifiant l’étroite imbrication des sons.

Sur le plan physiologique, on peut faire des observations similaires. Si nous demandons, par exemple, à notre informateur, de prononcer [ki] puis [ka] et comment évoluent ses organes phonateurs, il nous dira que le [k] de [ki] est plus fermé que le [k] de [ka] ce qui veut dire que, quand il prononce [ki], le [k] anticipe déjà l’aperture de [i] comme il le fera pour [ka]. Il ne dira pas [k] puis [i] ou [a], mais dira globalement [ki] ou [ka].

Comment, alors, découper la chaîne parlée. Il suffira de s’en tenir à des règles simples qu’on ne changera pas impérativement tout au long de la recherche. Ainsi si on visualise [la], on pourra fixer arbitrairement la frontière là où l’amplitude de la courbe correspondante à [a] commence à augmenter. Mais on constatera vite que si c’est facile pour [ka] ou [ta], par exemple, c’est beaucoup moins aisé pour [ra] ou [ha] :

transition nette

transition nette

transition floue

transition floue

[ka]

[ta]

[ra]

[ha]

Autre exemple de découpe d’un groupe de souffle :

« Nifonta eo ami^izao lehe zahay »

« Nous avons mis alors la voile en fonta »

[nif’untewamizrwlezah’aj]

[n]--------[i]-------- [f]---------- [u]----- [n]-- [t][e]-[w]- [a] --[m] [i]- [z]- [ r ] [w]- [l] --[e]--- [z] --[a]- [h]-- [a]- [j]

Dans les visualisations qui suivent et qui sont trompeuses en partie, il n’est pas tenu compte du temps d’émission qui semblerait identique pour chaque son. Le faire aurait multiplier de façon exagérée le temps de recherche et d’analyse, notre appareil n’étant suffisamment perfectionné pour cela. Dans les représentations visuelles de chaque son qui suivent, on s’intéressera surtout à l’amplitude et à l’allure de l’onde émise, à son nombre de périodes et parfois à la période elle-même et son évolution. En outre, les sons précédants et suivants sont signalés sous chaque schéma car leur coloration possible peut modifier profondément l’allure du train d’onde du son analysé. Cependant, le nombre insuffisant d’exemples ne nous permettra pas d’aller très loin dans la recherche à cause des trop nombreux paramètres entrant en jeu.

Voici la liste des voyelles perçues et quelques commentaires:

Pour chaque son, on visualise son train d’ondes représentées dans un cadre à double bordure et éventuellement, au-dessous, une période de ce son. Le temps d’émission du train d’ondes n’est pas signalé ici par un cadre plus étroit ou plus large. On note aussi les sons précédents et les sons suivants.

[i]

amplitude 0 : /

amplitude 0,5

[s]-[k]

[m]-[h]

[s]-[^]

[a]-[n]

[y]-[j]

[s]-[k]

[w]-[]

amplitude 1

 

[m]-[z]

[w]-[j]

[r]-

[n]-[k]

[t]-[j]

[s]-[k]

[t]-[r]

 

[s]-[m]

[m]-[h]

[l]-[m]

[m]-[j]

[t]-[n]

[l]-[r]

[l]~[t]

amplitude 2

[r]-[s]

[m]-[z]

[l]-[t]

[n]-[t]

[h]-[j]

[r]-[j]

[n]-[j]

~[â]

[a]~[l]

[r]~[j]

amplitude 3

[z]-[a]

[t]-[l]

[ñ]-[n]

[m]-[z]

[r]-[m]

[æ]-[t]

[s]-[k]

[æ]-[m]

amplitude 4

amplitude 5

[s]-[r]

[s]~[r]

-[â]

amplitude 6 : /

 

amplitude 7

amplitude 8 : /

amplitude 9 : /

amplitude 10 : /

[a]-[t]

[t]-[a]

Le son [i] est caractérisé par une faible amplitude des variations. Chaque période, complexe, comme pour tous les autres sons, est fortement cisaillée. On note souvent une grande irrégularité dans la modulation des amplitudes contrairement aux sons très ouverts comme le [a]. Son entourage phonique est quelconque avec une certaine préférence pour les glides. [i] est souvent bref, parfois sourd et a tendance à se prononcer [i] et même [e] dont les apertures sont proches, quand il se trouve en position inaccentuée ou en fin de groupe de souffle. Mais il se prononce clairement en position accentuée. Son amplitude est plus forte négativement que positivement. La visualisation phonique du son [i] est donc assez hétérogène du fait de son faible degré d’aperture sur le plan physiologique. [j] peut prendre sa place ou le suivre selon le débit.

[u]

amplitude 0 : /

amplitude 0,5

 

[z]-[l]

[h]-[w]

amplitude 1

 

 

 

 

 

 

[k]-

[t]-[v]

[h]-[l]

[v]-[h]

[d]-[d]

[d]-[d]

[d]-[m]

 

 

 

 

 

 

[s]~[ñ]

 

 

 

 

 

 

amplitude 2

 

 

 

 

 

 

 

[r]-[n]

[n]-[n]

[s]-[ñ]

[s]-[m]

[r]-[n]

[d]-[d]

 

amplitude 3

 

 

amplitude 4

 

 

[z]~[t]

[l]~[æ]

 

[e]-[m]

[e]-[m]

amplitude 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[m]-[r]

[m]-[r]

[e]-[z]

 

 

 

 

amplitude 6 : /

amplitude 7 : /

amplitude 8 : /

amplitude 9 : /

amplitude 10 : /

Comme (i), [u] est un son relativement fermé. Il se prononce souvent dans un contexte assourdi et n’a pas la relative clarté du son [a]. [u] est un son prononcé à l’arrière de la bouche avec resserrement des organes phonatoires et subit de ce fait cet assourdissement. Son amplitude en région négative est fortement accentuée. Chaque période est très cisaillée comme cela se passe pour le [i]. Il est bref en position inaccentuée et légèrement dévoisé et long en position accentuée. En fin de groupe de souffle, il peut se réaliser [w] ainsi que devant une voyelle accentuée.

[ j ]

amplitude 0 : /

amplitude 0,5 : /

amplitude 1 : /

 

 

 

 

amplitude 2

amplitude 3

 

 

[n]-[w]

amplitude 4 : /

amplitude 5 : /

amplitude 6 : /

amplitude 7 : /

amplitude 8 : /

amplitude 9 : /

amplitude 10 : /

 

Ce son situé entre [i] et [u] découvert à un seul exemplaire fait douter de son existence d’autant plus que le son qui le suit a les moyens nécessaires de l’influencer en ce sens. Seule, une étude phonologique complète permettra de l’éliminer ou non.

[ i ]

 

amplitude 0

 

amplitude 0,5

 

 

 

 

 

 

[k]-[l]

 

[t]-[t]

[s]-[z]

[ s]-[k]

[h]-[ d]

 amplitude 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[e]-[z]

[æ]-[z]

[s]-[ k]

[ k]-

[^]-[m]

 

 

amplitude 2

 

 

 

 

 

 

 

 

[n]-[k]

[l]-[j]

[n]-[z]

[ñ]-[n]

[s]-[k]

 

 

amplitude 3 : /

amplitude 4 : /

amplitude 5 : /

amplitude 6

 

 

amplitude 7

amplitude 8 : /

amplitude 9 : /

amplitude 10 : /

 

 

 

 

[t]-[l]

[h]-[t]

 

[t]-[l]

 

 

 

 

Le système phonique vocalique étant en apparence restreint, on s’attend à voir les voyelles subir de fortes variations comme cela se passe ici. Ce son est situé entre le [i] et le [e]. Cela ne se passe pas ainsi en français où le nombre des voyelles est relativement important. Les variations phoniques d’un son en vezo peuvent avoir plusieurs origines : contexte phonique, variations libres d’un individu à l’autre et pour un individu seul, peut-être aussi une influence morphologique. Ce son est-il en distribution complémentaire par rapport à [i] et [e] ? Là encore, une étude phonologique, au moment du dégagement des paires minimales, permettra de trancher.

En visualisant ses périodes, on remarque qu’il est moyennement ouvert. Les périodes sont peu nettes sauf dans les fortes amplitudes. Le fort cisaillement de chaque période fait rappeler qu’il est proche du [i].

[e]

amplitude 0 : /

amplitude 0,5 : /

amplitude 1

 

 

 

 

amplitude 2

 

 

 

[k]-[k]

[k]-[ w]

[k]-[k]

[^]-

 

[j]-

[t]-[ñ]

amplitude 3

 

 

amplitude 4

 

 

 

 

[l]-[l]

[z]-[k]

 

[h]-[t]

[w]-[n]

[l]~[t]

[b]~[ w]

amplitude 5

 

 

 

 

 

 

 

 

[z]-[ i ]

[j]-[t]

[b]-[â]

[j]~[n]

[k]~[t]

 

 

amplitude 6

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-[u]

[k]-[r]

~[u]

[k]~[ t]

[r]~[h]

 

 

amplitude 7

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[l]-[s]

[h]-[ ñ]

-[u]

 

 

 

 

amplitude 8 : /

amplitude 9 : /

amplitude 10 : /

Ce son varie beaucoup en amplitude mais est considéré généralement comme moyennement ouvert. Il se situe entre [i] et [a].

Il est bref en position inaccentuée et long et facilement discernable en position accentuée même en fin de groupe de souffle. Ses périodes ressemblant à celles du [i], sont complexes mais moins cisaillées. Les périodes sont nettes et on peut facilement les compter.

[o]

amplitude 0 : /

amplitude 0,5 : /

amplitude 1 : /

amplitude 2 : /

amplitude 3 : /

amplitude 4 :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[w]-[v]

[r]-[w]

 

 

 

 

 

amplitude 5 : /

 

amplitude 6

 

 

 

 

 

 

[a]-[w]

 

amplitude 7 : /

amplitude 8 : /

amplitude 9 : /

amplitude 10 : /

Ce son, comme on le verra plus tard, apparaît à la place de la diphtonge [au] en général dans un débit rapide. Le peu d’exemples trouvés ne permet pas de confirmer son degré d’amplitude courant qui semble moyen. En général, il est bref et se trouve souvent en fin de groupe de souffle très assourdi et servant parfois de voyelle écho à [w]. Il peut même remplacer la triphtongue [uau] = « ho aho «  quand l’informateur raconte une histoire le concernant. Sa période est relativement simple et lisse.

 

[ r ]

 

amplitude 0 : /

amplitude 0,5 : /

amplitude 1 : /

amplitude 2 : /

amplitude 3 : /

amplitude 4 :

 

 

amplitude 5 :

 

 

[w]-[m]

[v]-[a]

 

[z]-[ñ]

[b]-[a]

amplitude 6 :

 

 

 

 

 

 

 

[v]-[w]

[a]-[w]

[b]-[v]

[ v]-[a]

[h]-[v]

[z]-[w]

 

amplitude 7 :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[z]-[w]

[z]-[o]

[k]-[w]

 

 

 

 

amplitude 8 : /

amplitude 9 : /

amplitude 10 : /

Situé entre [a] et [o], son amplitude est assez large. Les périodes sont bien distinctes mais assez complexes avec mouvements amples. On n’a pas trouvé d’endroit où il pourrait supporter un accent d’intensité. Il affectionne particulièrement la semi-consonne [w] dont l’une des caractéristiques est comme le [o] de fonctionner dans l’arrière-bouche.

[w]

amplitude 0 : /

amplitude 0,5 : /

amplitude 1 :

 

amplitude 2 :

 

 

amplitude 3 :

 

 

[k]-[m]

 

[n]-[v]

[w]-

 

[n]-[m]

amplitude 4 :

 

amplitude 5 : /

 

amplitude 6

 

 

 

 

[j]~[n]

 

 

 

[a]-[m]

[a]-[h]

amplitude 7 : /

amplitude 8 : /

amplitude 9 : /

amplitude 10 : /

Ce son se prononce entre le [o] et le [u]. Son amplitude est moyenne et les périodes distinctes. Le peu d’endroits où il a été remarqué ne permet pas pour le moment de définir d’autres règles précises. Chaque période cependant est ample et relativement simple lorsque l’amplitude est forte.

[ae]

 

amplitude 0 : /

 

amplitude 0,5

 

amplitude 1 : /

 

amplitude 2

 

 

 

 

 

 

 

[z]-[j]

 

 

 

[w]-[i]

amplitude 3 : /

amplitude 4 : /

amplitude 5

 

amplitude 6

 

 

 

[j]-[k]

 

[h]-[ñ]

[r]-[æ]

[u]-[^]

amplitude 7

 

 

amplitude 8

 

[h]-[j]

[z]-[i]

 

[h]~[i]

amplitude 9 : /

amplitude 10 : /

 

Prononcé entre [a] et [e], il est souvent suivi du son [i] très fermé. En fait, il s’agirait du son [a] infecté par le son [i]. Chaque période est ample, relativement complexe avec des indices de cisaillements propres au [i].


[a]

amplitude 0 : /

 

amplitude 0,5

 

 

 

 

 

 

[t]-

[t]-

[z]-

amplitude 1 : /

 

amplitude 2

 

 

 

 

 

[f]-[h]

[s]-[z]

amplitude 3

 

 

 

[f]-[h]

[s]-[z]

[f]-

[h]-

amplitude 4

 

 

 

 

 

 

[w]-[n]

[j]-[f]

[v]-[ñ]

[ñ]-[n]

[z]-[k]

[h]-[t]

[ r ]-[l]

 

 

 

 

 

 

[r]~[h]

 

 

 

 

 

 

amplitude 5

 

 

 

 

 

 

 

 

[z]-[h]

[j]-[p]

[w]

[b]~[k]

[w]~[n]

 

 

amplitude 6

 

 

 

 

 

 

[v]-[n]

[k]-[l]

[n]-[t]

[f]-[t]

[i]-[n]

[w]-[r]

[k]-[w]

 

-[s]

[w]-

[l]-[n]

[w]-[t]

[z]-[r]

[w]-[r]

[h]-[l]

[ñ]-[l]

[w]-[r]

[w]-[s]

[w]-[n]

[k]-[l]

[r]-[h]

[r]~[h]

 

 

 

 

[r]~[h]

[z]~[n]

[p]~[s]

 

 

 

 

amplitude 7 

 

 

 

 

 

 

[w]-

[s]-[r]

[i]-[k]

[ñ]-[t]

[k]-[w]

[ñ]-[b]

[s]-[k]

[f]-[h]

[l]-[r]

[h]~[i]

[z]~[n]

[m]~[r]

[r]~[b]

[j]~[l]

amplitude 8

 

 

 

 

 

 

[k]-[m]

[s]-[k]

[t]-[o]

[h]-[f]

[ñ]-[t]

[n]-[i]

[k]-[r]

[j]-[k]

[m]-[k]

[l]-[f]

[r]-[h]

[z]-[h]

[d]~[v]

[t]~[t]

[z]~[w]

~[v]

[l]~[k]

[l]~[s]

[l]~[k]

[d]~[v]

[k]~

 

 

 

 

[n]~[m]

[d]~[w]

[b]~[z]

 

 

 

 

amplitude 9

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[f]-[l]

[l]~[k]

 

 

 

 

 

amplitude 10 : /

 

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